13/10/2019

plainte contre deux entités tauromachiques

Alliance Anti-corrida

En mai 2018, la mairie de Nîmes avait mis une galerie à disposition de l’Union des villes taurines de France (UVTF) et de l’Observatoire des cultures taurines (ONCT) pour y présenter l’exposition « Tauromachies universelles ». Gratuit et ouvert à tous, l’événement se voulait un temps fort de la promotion de la corrida, à grand renfort de publicité municipale et en accès libre... Ainsi, tout individu, sans condition de majorité, pouvait prendre connaissance de 84 panneaux pour entrer dans le « fabuleux voyage jusqu’aux origines de la culture taurine ».

À aucun moment, le visiteur n'était mis en garde sur le contenu de l’exposition, laquelle débutait par des images neutres et non violentes, pour capter manifestement l'attention du visiteur et éviter tout départ prématuré. En réalité, plusieurs illustrations et visuels étaient de nature à heurter sévèrement la sensibilité des plus jeunes, notamment des illustrations de pratiques et gestes violents à l’égard d’un animal sensible : un torero et un taureau ensanglanté bardé de banderilles, une mise à mort en gros plan, un homme qui se fait soulever par un taureau la corne dans la bouche, un picador qui fouille la plaie, etc.

Par les messages accompagnant les visuels, les organisateurs avaient usé d’expressions caractérisant une grande brutalité dans le propos, de nature à créer un sentiment de peur chez le mineur susceptible de les lire, soit pour sa sécurité physique, soit pour sa sécurité psychique.

C’est dans ces conditions que le parent d’un enfant mineur a pris attache avec l’Alliance Anticorrida. Il a ensuite déposé plainte auprès du procureur de la République, sur le fondement de l’article 227-24 du Code pénal réprimant la diffusion d’un message à caractère violent, susceptible d'être vu ou perçu par un mineur.

Contre toute attente, et un an plus tard, sa plainte a été classée sans suite ! L'infraction étant caractérisée, le père de l'enfant a déposé une nouvelle plainte, avec constitution de partie civile, devant le doyen des juges d’instruction du tribunal de grande instance de Nîmes, à l'encontre des deux organisations tauromachiques.

Rappel des faits

En 2016, vingt-deux établissements scolaires nîmois, dont des écoles maternelles, ont été conviés à l'exposition « Tauromachies universelles » au musée d’art contemporain et bibliothèque municipale de la ville.

Les enfants ont eu à voir des scènes d'une violence rare, constatées par huissier sans le moindre filtre ou message d’avertissement destiné au  jeune public.

La municipalité se félicite d'accueillir cette exposition et c'est le musée des cultures taurines qui avait invité les établissements à cette innommable manifestation sous le titre « Rendez-vous tauromachiques à Carré d'Art »...

Présente sur les lieux avec ses élèves de cinq ans, une enseignante, qui souhaitait savoir si le contenu du documentaire était adapté aux enfants dont elle a la charge, a été qualifiée «  d'anti-taurine obtuse qui refuse de connaître l'Histoire » par M. Viard, président de de l’Observatoire national des cultures taurines qui a, par la suite, exercé des pressions sur sa directrice...

L’infraction étant constituée, l’Alliance Anticorrida et l’Œuvre d'Assistance aux Bêtes d'Abattoirs ont porté plainte, le 9 février, contre la Ville pour diffusion d’un message à caractère violent auprès de mineurs.

Le 14 novembre 2017, l'Alliance Anticorrida a reçu une ordonnance d'irrecevabilité au motif que l'association n'est pas directement fondée à agir, malgré plusieurs mentions dans ses statuts visant à protéger les enfants...